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12 Nov

Autopsie d’un dossier de presse

Publié par Electron Libre Communication  - Catégories :  #att, #TPE, #PME, #Agence de communication

Autopsie d’un dossier de presse

Il gisait là, par terre, à mi-chemin entre le bureau et la poubelle. Les circonstances importaient peu car en y regardant d’un peu plus près, je constatais qu’il avait mérité son sort.

De « dossier de presse » il ne portait que le nom - c’est déjà pas mal, quand certains avancent masqués -, mais là, c’en était presque gênant de voir ces grosses lettres se détacher sur la couverture. D’ailleurs il n’y avait qu’elles : pas de titre, de date, de logo d’entreprise. Bref, du sale boulot.

L’intérieur du « dossier de presse » expliquait aussi cette élimination froide et d’apparence sans cœur : un véritable maelström. Une introduction longue de 4 pages, retraçant l’histoire de l’entreprise depuis ses origines, s’arrêtant sur chaque anecdote… anecdotique. Suivait un simple copier-coller d’un document marketo-publicitaire. Tout juste si on n’avait pas laissé les coordonnées du commercial… Ah si ! Sur la 4ème de couv’ (alors que la tradition veut que les coordonnées du service de presse soient discrètement présentes sur chacune des pages), le directeur commercial affichait son sourire carnassier et nous enjoignait à l’appeler, lui ou son équipe, dans les plus brefs délais. Le crime n’était pas là où on le croyait. Ce document portait en lui les pires forfaits en matière de communication.

Ses couleurs pétantes, ses illustrations surnuméraires et ses 50 pages faisaient de lui le croisement improbable d’un flyer publicitaire et d’un catalogue produits… Mais rien en lui n’appelait le dossier de presse. Erreur de débutant, là encore. Être maquillé comme un camion volé n’avait jamais fait d’un document un bon dossier de presse : l’esthétisme doit servir la lecture et non agresser l’œil. La surenchère et la quantité d’illustrations et/ou de textes ne doivent pas servir à noyer le poisson… euh l’information principale. Enfin l’absence de sommaire acheva de me convaincre.

Si la victime se trouvait là, c’est qu’il y avait clairement eu légitime défense de la part du journaliste. La conclusion s’imposait d’elle-même et je classais l’affaire sans suite. Ce crime de lèse-journalisme avait mérité cette juste punition. Un bon cas d’école pour mes apprentis attachés de presse qui n’en reviendraient certainement pas.

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Le métier de responsable de la communication décortiqué par Electron Libre Communication.